1. Définition
Le coefficient d'exploitation rapporte les frais généraux d'une banque à son produit net bancaire (PNB). Il dit quelle part de ce que la banque produit part dans son propre fonctionnement.
Les frais généraux regroupent trois postes: les frais de personnel, les charges générales d'exploitation et les dotations aux amortissements.
En anglais, on parle de cost-to-income ratio.
2. La mesure
Une seule formule, la même pour toutes les banques: frais de personnel, plus charges générales d'exploitation, plus dotations aux amortissements, rapportés au PNB du semestre.
Exemple, la banque au coefficient le plus bas: BT, au premier semestre 2026: ses frais généraux absorbent 34,6 % de son PNB.
Plus le coefficient est bas, plus il reste de revenu pour couvrir le risque et dégager un résultat.
3. Pourquoi il compte
C'est la mesure de l'efficacité d'une banque. Deux banques au même PNB peuvent dégager des résultats très différents selon ce que leur coûte leur réseau, leurs équipes et leurs systèmes.
Il bouge lentement. Les frais généraux se décident sur plusieurs années (recrutements, agences, informatique); un coefficient qui baisse durablement dit une banque qui produit plus sans grossir autant.
4. Ce qu'il ne dit pas
Il ne dit pas si la banque investit. Un coefficient élevé peut venir d'un réseau qu'on modernise, et un coefficient bas d'investissements reportés.
Il ne dit rien du risque. Le coût du risque se lit sous le PNB, après les frais généraux; une banque efficace peut perdre son avance sur les provisions.
5. Où le lire dans les états financiers tunisiens
Les trois postes des frais généraux se lisent à l'état de résultat: CH6, frais de personnel; CH7, charges générales d'exploitation; CH8, dotations aux amortissements sur immobilisations. Le PNB s'y lit aussi, en total des produits d'exploitation bancaire moins les charges d'exploitation bancaire.
Les montants sont repris tels que publiés, pour le semestre.
6. Trois pièges de lecture
Premier piège: un PNB qui monte vite fait baisser le coefficient sans que la banque dépense moins. Il faut lire les deux mouvements, pas seulement le rapport.
Deuxième piège: une banque peut sortir certaines charges de ses frais généraux (sous-traitance comptée ailleurs, charges exceptionnelles). Le coefficient se compare entre banques qui présentent leurs comptes de la même façon.
Troisième piège: sur un semestre, une charge ponctuelle (une indemnité, une campagne) peut déplacer le coefficient de plusieurs points. Il se suit sur plusieurs périodes.
7. Classement des 10 banques cotées par coefficient d'exploitation, premier semestre 2026
Les banques sont classées de la valeur la plus élevée à la plus basse, montants en millions de dinars:
| Rang | Banque | Frais généraux (MDT) | PNB (MDT) | Coefficient d'exploitation |
|---|---|---|---|---|
| 1 | ATB | 139,0 | 187,0 | 74,3 % |
| 2 | UBCI | 126,0 | 194,9 | 64,7 % |
| 3 | STB | 188,1 | 313,7 | 60,0 % |
| 4 | UIB | 148,2 | 273,8 | 54,1 % |
| 5 | Attijari Bank | 190,7 | 374,8 | 50,9 % |
| 6 | BH Bank | 163,1 | 345,7 | 47,2 % |
| 7 | BIAT | 372,3 | 802,7 | 46,4 % |
| 8 | BNA | 213,0 | 560,1 | 38,0 % |
| 9 | Amen Bank | 128,0 | 362,4 | 35,3 % |
| 10 | BT | 101,1 | 292,1 | 34,6 % |
Définitions PNB
Hors périmètre: BTE (actions à dividende prioritaire) et Wifak International Bank (banque islamique).
Le coefficient d'exploitation va de 34,6 % à 74,3 % selon la banque. Sur les 10 banques réunies, les frais généraux prennent 47,7 % du PNB.
À retenir
- Coefficient d'exploitation = frais de personnel, charges générales d'exploitation et amortissements, rapportés au PNB.
- Plus il est bas, plus il reste de revenu pour le risque et le résultat.
- Il se lit avec l'évolution du PNB et des frais, et sur plusieurs périodes.
Lire aussi: le coût du risque d'une banque, la note semestrielle sur les banques cotées, la méthode de la série.
Sources: états financiers intermédiaires individuels au 30 juin 2026 publiés au Conseil du marché financier (CMF), notes comprises.