Note d’analyse · Tunis · Septembre 2026
Banques tunisiennes
cotées — S1 2026
Croissance, rentabilité, risque, ressources et solvabilité
Périmètre : Amen Bank, ATB, Attijari Bank, BH Bank, BIAT, BNA, Banque de Tunisie, STB Bank, UBCI et UIB.
Période : données arrêtées au 30 juin 2026. Pour ATB et BH Bank, les états financiers intermédiaires S1 2026 ne sont pas encore publiés ; seules les informations disponibles dans leurs indicateurs d’activité sont reprises.
Sources : états financiers intermédiaires, rapports des commissaires aux comptes, indicateurs d’activité et publications officielles des banques et du Conseil du Marché Financier. Nous ne calculons un ratio que lorsque les données sont comparables. Un chiffre non publié est laissé de côté ; il n’est pas estimé.
Lecture rapide : grille comparative en section 7 · lecture banque par banque en section 8 · analyse complète ci-dessous.
Le produit net bancaire (PNB) (le revenu tiré de l’activité bancaire avant frais de fonctionnement et coût du risque) ne raconte qu’une partie de la performance. Une hausse peut venir du crédit, des commissions, du coût des ressources ou de la contribution des portefeuilles financiers.
Le financement ne pèse pas partout de la même façon. Certaines banques disposent de dépôts très supérieurs aux crédits ; d’autres utilisent déjà une grande partie de leurs ressources clientèle.
Enfin, le risque reste le filtre essentiel. Le coût du risque (principalement les provisions et pertes liées aux crédits) peut renforcer le résultat, ou en absorber une grande partie.
Le S1 2026 ne sépare donc pas des banques qui croissent et des banques qui ne croissent pas. Il montre des banques qui ne butent pas sur la même contrainte.
Dix bilans, des trajectoires différentes.
Faites glisser le tableau
| Banque | Crédits clientèle* | Dépôts clientèle | Crédits/dépôts | PNB S1 2026 | Var. PNB vs S1 2025 | Résultat net S1 | Var. RN vs S1 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Amen Bank | 7 574 MDT | 9 332 MDT | 81,2 % | 362,4 MDT | +17,7 % | 161,9 MDT | +23,7 % |
| ATB | 4 856 MDT | 6 613 MDT | 73,4 % | 180,0 MDT | +5,1 % | n.d. | n.d. |
| Attijari Bank | 6 887 MDT | 11 970 MDT | 57,5 % | 374,7 MDT | +5,1 % | 123,0 MDT | +5,9 % |
| BH Bank | 10 390 MDT | 10 210 MDT | 101,8 % | 331,4 MDT | +4,2 % | n.d. | n.d. |
| BIAT | 13 208 MDT | 23 021 MDT | 57,4 % | 802,7 MDT | +1,9 % | 271,4 MDT | +10,3 % |
| BNA | 14 548 MDT | 15 393 MDT | 94,5 % | 560,1 MDT | +4,3 % | 156,3 MDT | +13,8 % |
| Banque de Tunisie | 6 588 MDT | 6 807 MDT | 96,8 % | 292,1 MDT | +11,8 % | 95,6 MDT | +12,5 % |
| STB Bank | 8 806 MDT | 12 973 MDT | 67,9 % | 313,8 MDT | -10,5 % | 9,1 MDT | -59,4 % |
| UBCI | 4 032 MDT | 4 271 MDT | 94,4 % | 194,9 MDT | +10,9 % | 30,0 MDT | +9,7 % |
| UIB | 6 480 MDT | 7 186 MDT | 90,2 % | 273,8 MDT | +5,9 % | 52,3 MDT | +6,6 % |
Crédits/dépôts, en % — ratio analytique
Source : tableau 1 — chiffres publiés. * Les banques ne présentent pas toutes leurs encours exactement de la même façon. Nous retenons les chiffres les plus comparables ; ce tableau n’est pas un tableau réglementaire. ** Ratio analytique crédits/dépôts calculé à partir des encours publiés. Il ne doit pas être confondu avec le ratio réglementaire LTD de la BCT.
Variation du PNB vs S1 2025, en %
Pour ATB et BH Bank, les indicateurs d’activité permettent de lire les volumes, les ressources, le PNB et certaines charges. Ils ne suffisent pas pour calculer de façon fiable le résultat net, le coût du risque ou la qualité des crédits. Ces données restent donc n.d.
Le même dinar de dépôts ne pose pas la même question partout.
l’amplitude du ratio crédits/dépôts entre banques
Le ratio crédits/dépôts varie fortement d’une banque à l’autre : environ 57 % chez BIAT et Attijari Bank, contre près de 97 % chez Banque de Tunisie et plus de 100 % chez BH Bank.
Ce ratio ne mesure pas la liquidité réglementaire. Il montre à quel point une banque utilise déjà ses dépôts pour financer ses crédits.
Chez BIAT et Attijari Bank, la base de dépôts est très supérieure au crédit. La question n’est donc pas, à court terme, de trouver davantage de ressources pour pouvoir prêter. Elle est de savoir où employer ces ressources avec un rendement suffisant une fois le risque pris en compte.
Amen Bank conserve également une marge confortable entre crédits et dépôts.
À l’inverse, Banque de Tunisie et UBCI se situent autour de 95 %. Elles peuvent continuer à développer leurs crédits, mais pour accélérer durablement, il leur faudra davantage de dépôts, d’autres ressources ou réallouer une partie du bilan.
La BNA est proche de ce niveau également, mais ses dépôts progressent fortement, ce qui réduit la tension : la situation est intermédiaire, pas un signal d’alerte.
UIB se situe entre ces groupes.
BH Bank dépasse 100 % sur les données d’activité disponibles. Cela ne veut pas dire que la banque manque de liquidité. Cela veut dire que pour prêter davantage, elle devra renforcer sa collecte, trouver d’autres ressources ou réallouer son bilan. Sa collecte progresse toutefois sensiblement, ce qui atténue peu à peu cette tension.
ATB, malgré la contraction de ses volumes, continue de disposer d’une base de dépôts sensiblement supérieure aux crédits.
Sa croissance ne dit pas à elle seule d’où vient la performance.
le PNB le plus dynamique du semestre (Amen Bank)
La progression du PNB est très différente d’une banque à l’autre, tout comme sa composition.
Chez Amen Bank, le PNB progresse de 17,7 %. Le portefeuille financier y tient une place importante, supérieure à la moitié du revenu bancaire. La croissance est donc forte, mais il faut séparer ce qui vient des clients de ce qui vient des titres et des placements.
La BNA présente une configuration encore plus marquée : près de 72 % du PNB provient du portefeuille-titres. Le résultat progresse fortement alors que les crédits évoluent peu depuis décembre.
Chez Attijari Bank, le crédit recule tandis que la collecte reste abondante. Une part plus grande du bilan est donc orientée vers d’autres emplois rémunérés.
BIAT présente l’écart inverse : le PNB ne progresse que de 1,9 %, mais le résultat net avance de 10,3 %. Cette différence vient notamment de la forte diminution du coût du risque.
Banque de Tunisie combine une hausse à deux chiffres du PNB et du résultat, avec une efficacité opérationnelle élevée.
UBCI affiche également une progression à deux chiffres du PNB, mais le résultat ne suit pas encore au même rythme que l’activité.
UIB améliore son PNB dans un bilan où les volumes restent relativement stables.
Enfin, chez STB Bank, les volumes de bilan repartent tandis que le PNB recule de 10,5 %.
Un PNB en hausse n’a donc pas partout la même origine, et ne se transforme pas partout aussi bien en résultat.
Ce qui reste une fois le revenu produit.
Le coefficient d’exploitation (la part du PNB absorbée par les frais de fonctionnement) mesure l’efficacité avec laquelle le revenu bancaire est transformé en résultat opérationnel.
Amen Bank et Banque de Tunisie affichent une forte efficacité opérationnelle. La croissance du revenu se transforme efficacement en résultat.
La BNA dégage elle aussi un fort résultat d’exploitation. Son principal sujet n’est pas le coût : c’est le risque porté par le bilan.
Chez Attijari Bank, le résultat brut d’exploitation (avant coût du risque) progresse plus vite que le PNB. La hausse du coût du risque absorbe toutefois une partie de cette amélioration.
Chez BIAT, la rentabilité du semestre bénéficie beaucoup de la baisse du coût du risque. C’est positif, mais différent d’une accélération du revenu.
UIB progresse de manière plus régulière : PNB, résultat et efficacité s’améliorent, sans accélération assez nette pour changer la lecture du semestre.
UBCI présente un autre cas. PNB et volumes progressent fortement, mais le coefficient d’exploitation reste élevé, autour de 65 % selon la définition retenue au S1, et le coût du risque augmente. La croissance est visible ; sa transformation en résultat reste le principal chantier.
Pour ATB, le résultat net S1 n’est pas disponible. Les indicateurs montrent néanmoins une progression des charges d’exploitation plus rapide que celle du PNB, alors que les crédits nets reculent de 8,62 % par rapport au S1 2025 et les dépôts de 2,18 %. Le rond de la grille juge donc seulement ce qui est observable (l’efficacité), pas un résultat net qui n’a pas été publié.
Pour BH Bank, même prudence : le résultat net n’est pas disponible, mais les frais de personnel et les charges générales progressent nettement plus vite que le PNB.
Chez STB Bank, le coefficient d’exploitation se détériore sensiblement, autour de 60 %, tandis que le résultat net recule fortement. L’activité repart, mais elle ne se traduit pas encore en résultat.
C’est ici que la comparaison change le plus.
l’amplitude du taux d’engagements classés entre banques
Les engagements classés (crédits et autres engagements que la réglementation bancaire classe comme risqués) permettent de juger la qualité des crédits, pas seulement leur volume.
Amen Bank voit son taux d’engagements classés passer à 8,70 %, contre 8,37 % à fin 2025. La couverture progresse néanmoins à 72,21 %. Le coût du risque augmente en valeur mais reste absorbé par la forte progression du revenu et du résultat. Le profil reste solide, mais pas sans point à surveiller.
Banque de Tunisie affiche 6,49 % d’engagements classés et une couverture de 85,69 %. La légère hausse du taux classé est compensée par un niveau de couverture élevé et en progression.
Chez Attijari Bank, les engagements classés et le coût du risque progressent légèrement. Les niveaux restent contenus, mais la tendance empêche d’en faire un vrai point fort.
BIAT bénéficie d’une forte baisse du coût du risque, à environ 17,9 MDT au S1. Nous restons pourtant prudents : cette baisse explique une bonne partie de la hausse du résultat, et il faudra vérifier qu’elle dure.
La BNA améliore son taux d’engagements classés, à environ 21,59 %, et porte sa couverture à 59,35 %. Le mouvement va dans le bon sens, mais le stock reste suffisamment élevé pour maintenir la vigilance.
Chez UBCI, la lecture est plus équilibrée qu’une simple hausse du coût du risque ne le laisserait penser. Le taux de créances classées recule à environ 5,13 % et la couverture reste proche de 74 %, tandis que le coût du risque augmente.
UIB réduit son coût du risque et améliore progressivement ses indicateurs, mais le mouvement est encore trop récent pour en faire un point fort durable.
Pour ATB et BH Bank, aucun jugement sur le risque S1 n’est porté avant la publication des états financiers complets.
Pour STB Bank, les comptes S1 conduisent à maintenir le risque comme point de vigilance.
Une capacité à absorber le risque, pas une source de financement.
Les ratios de solvabilité ne sont pas tous publiés à la même date. La comparaison utilise donc le dernier ratio officiel suffisamment récent disponible, dont la date est indiquée.
Faites glisser le tableau
| Banque | Solvabilité globale | Tier 1 | Date du ratio retenu |
|---|---|---|---|
| Amen Bank | 16,85 % | 12,47 % | 31/12/2025 |
| ATB | n.d. | n.d. | — |
| Attijari Bank | 13,89 % | 11,32 % | 30/06/2026 |
| BH Bank | 15,8 % | 13,3 % | 31/12/2025 |
| BIAT | 15,81 % | 10,50 % | 31/12/2025 |
| BNA | 22,13 % | 19,07 % | 31/12/2025 |
| Banque de Tunisie | 16,23 % | n.d. | 31/12/2025 |
| STB Bank | 14,57 % | 12,62 % | 30/06/2026 |
| UBCI | 14,55 % | 11,26 % | 31/12/2025 |
| UIB | 14,50 % | 13,87 % | 31/12/2025 |
Pour ATB, les états financiers annuels au 31 décembre 2025 ont bien été publiés. Mais aucun ratio de solvabilité 2025 assez documenté n’a pu être retenu dans cette comparaison. Le dernier ratio explicitement retrouvé, 10,49 % au 31 décembre 2024, est trop ancien pour remplir artificiellement la case 2025.
La solvabilité mesure la capacité d’une banque à absorber les risques de son bilan. Elle ne fournit pas, à elle seule, les ressources qui financent un nouveau crédit.
Une banque peut donc disposer d’un capital réglementaire confortable tout en devant augmenter sa collecte pour soutenir davantage de crédits. À l’inverse, une banque très liquide peut malgré tout avoir moins de marge en capital pour développer son bilan.
La BNA dispose d’une capacité de capital particulièrement importante. Amen Bank, Banque de Tunisie, BH Bank, BIAT, STB Bank, UBCI et UIB disposent également d’une marge prudentielle confortable sur le dernier ratio publié.
Attijari Bank reste au-dessus des exigences, mais avec une marge moins large que les banques les mieux capitalisées du panel.
Cinq dimensions, aucun classement.
Faites glisser le tableau
| Banque | Croissance | Rentabilité / efficacité | Risque | Ressources | Solvabilité |
|---|---|---|---|---|---|
| Amen Bank | ● | ● | ◐ | ● | ● |
| ATB | ○ | ○ | — | ● | — |
| Attijari Bank | ◐ | ● | ◐ | ● | ◐ |
| BH Bank | ◐ | ◐ | — | ◐ | ● |
| BIAT | ◐ | ● | ◐ | ● | ● |
| BNA | ◐ | ● | ○ | ◐ | ● |
| Banque de Tunisie | ● | ● | ● | ○ | ● |
| STB Bank | ◐ | ○ | ○ | ● | ● |
| UBCI | ● | ◐ | ◐ | ○ | ● |
| UIB | ◐ | ◐ | ◐ | ◐ | ● |
Chaque colonne se lit séparément. Les ronds ne sont ni additionnés ni moyennés et ne constituent ni une note ni une recommandation.
La colonne Croissance combine les volumes, le PNB et le résultat lorsqu’il est publié. Rentabilité / efficacité regarde comment le revenu se transforme en résultat. Risque regarde le coût du risque, les engagements classés et leur couverture. Ressources regarde à quel point les dépôts sont déjà mobilisés pour financer les crédits, et comment ils évoluent. Solvabilité utilise le dernier ratio officiel suffisamment récent.
La grille fait apparaître ce qu’un classement masquerait : une banque peut disposer d’un capital très confortable et porter davantage de risque ; une autre peut croître rapidement mais utiliser déjà intensément ses ressources ; une troisième peut disposer de dépôts abondants sans accélérer son crédit.
Ce que la grille dit
Pas de gagnante. Des contraintes différentes.
La croissance n’a de valeur que si le risque, les ressources et le capital suivent.
Dix banques, dix prochaines contraintes.
Amen Bank
préserver la qualité d’une croissance déjà forte
Amen Bank combine une progression à deux chiffres du PNB et du résultat, une bonne efficacité opérationnelle et une base de ressources confortable.
Le point à surveiller n’est donc pas de savoir si le bilan peut croître, mais si cette croissance reste de bonne qualité : poids élevé des revenus de portefeuille et légère remontée du taux d’engagements classés, malgré une couverture renforcée.
Prochaine contrainte : préserver la qualité des actifs et du revenu à mesure que le bilan continue de progresser.
ATB
des ressources disponibles, mais pas encore de lecture complète du semestre
Les crédits nets d’ATB reculent de 8,62 % et les dépôts de 2,18 % par rapport au S1 2025, tandis que le PNB progresse d’environ 5 %.
Le bilan conserve des ressources supérieures aux crédits, mais l’activité recule et les charges montent : ce semestre n’est pas un semestre de croissance.
Le résultat net, le risque et une solvabilité suffisamment récente restent indisponibles.
Prochaine contrainte visible : retrouver une croissance rentable. Pour le reste, les EF S1 sont nécessaires.
Attijari Bank
le financement existe, l’enjeu est son emploi
Les dépôts d’Attijari Bank sont presque deux fois supérieurs aux crédits. La banque dispose donc d’une capacité importante d’allocation du bilan.
Le résultat brut d’exploitation progresse, mais le crédit recule et le coût du risque augmente légèrement. Ce semestre est celui du placement des ressources, pas celui de la conquête commerciale.
Prochaine contrainte : placer les ressources sur des emplois assez rentables, sans consommer trop rapidement la marge de capital.
BH Bank
une collecte dynamique, mais un bilan déjà très utilisé
Les dépôts de BH Bank progressent sensiblement tandis que les crédits évoluent peu. Le ratio analytique crédits/dépôts reste néanmoins supérieur à 100 %.
Le PNB avance de 4,2 %, mais les charges de personnel et charges générales progressent beaucoup plus vite. La solvabilité publiée à fin 2025 reste confortable.
L’absence des EF S1 empêche toute conclusion sur le risque et le résultat net.
BIAT
beaucoup de ressources, la question devient leur rendement
BIAT conserve la plus importante base de dépôts du panel et un ratio crédits/dépôts proche de 57 %.
Le PNB progresse peu, mais le résultat net avance de plus de 10 %, notamment grâce à la forte baisse du coût du risque.
La banque ne manque donc ni de ressources ni de capital.
Prochaine contrainte : employer une partie de cette capacité de bilan avec davantage de rendement, sans dégrader le risque.
BNA
le capital est fort, le risque reste le filtre
La collecte de la BNA progresse fortement et sa solvabilité dépasse largement les minima réglementaires.
Mais les engagements classés représentent encore plus d’un cinquième des engagements selon les données disponibles, même si leur taux et leur couverture s’améliorent.
Ce capital élevé donne d’abord une capacité d’absorption et d’assainissement du bilan. Ce n’est pas une invitation à prêter plus vite.
Banque de Tunisie
forte performance, mais le financement devient plus exigeant
Le PNB et le résultat de Banque de Tunisie progressent à deux chiffres. L’efficacité opérationnelle reste élevée et le risque bien couvert.
La différence avec Amen Bank se situe davantage dans les ressources : les crédits sont désormais très proches des dépôts, après une croissance du crédit nettement supérieure à celle de la collecte.
Prochaine contrainte : financer la croissance future sans dégrader le coût des ressources ni les marges.
STB Bank
le bilan repart avant le résultat
Les ressources et les crédits de STB Bank montrent une reprise, tandis que la solvabilité reste confortable.
Mais le PNB recule de plus de 10 %, l’efficacité en pâtit, et il en va de même pour le résultat, qui s’établit à 9,1 MDT.
Le semestre ne remet donc pas en cause la capacité de bilan ; il montre que cette capacité ne produit pas encore assez de revenu ni de résultat.
Les prochains semestres diront si la tarification, la sélection des crédits et la composition de l’activité permettent de remettre le revenu en ligne avec cette capacité.
UBCI
forte croissance, conversion encore insuffisante
UBCI présente l’une des dynamiques commerciales les plus soutenues du panel : crédits, dépôts et PNB progressent fortement.
Mais cette croissance utilise davantage les ressources, le coefficient d’exploitation reste élevé et le coût du risque progresse. Dans le même temps, le taux de créances classées reste contenu et s’améliore légèrement.
Le sujet n’est donc pas de ralentir mécaniquement le crédit, mais de choisir une croissance dont le rendement couvre correctement le risque, les coûts et le capital mobilisé.
UIB
améliorer davantage que grossir
Les volumes d’UIB évoluent peu, tandis que le PNB, le résultat et le coût du risque s’améliorent progressivement.
La structure de financement reste intermédiaire et le capital de base est confortable.
Le profil n’appelle ni forte accélération ni correction importante du bilan.
Prochaine contrainte : continuer à gagner en productivité, en qualité des ressources et en choix des crédits.
Ce que le S1 2026
dit du secteur.
La comparaison ne désigne pas une banque gagnante. Elle montre des contraintes différentes.
Les banques disposant des ressources les plus abondantes ne sont pas nécessairement celles qui font croître le plus rapidement leurs crédits. Les banques les mieux capitalisées ne sont pas nécessairement celles qui portent le moins de risque. Et la croissance la plus rapide du PNB ne garantit pas la meilleure transformation en résultat.
Trois arbitrages dominent le semestre.
Le premier est celui entre croissance et risque. Prêter plus n’a de valeur que si le gain supplémentaire couvre durablement le coût du risque.
Le deuxième est celui entre capital et ressources. Le capital permet d’absorber les risques ; il ne remplace pas les dépôts et les ressources qui financent les crédits.
Le troisième est celui entre volume et rendement. Pour les banques disposant déjà de ressources abondantes, la question n’est plus seulement combien elles peuvent prêter, mais à quel rendement, une fois le risque pris en compte, elles peuvent employer leur bilan.
C’est pourquoi une lecture uniquement fondée sur la croissance du PNB ou du résultat donne une image incomplète du S1 2026.
Le vrai sujet n’est pas de savoir quelle banque affiche le meilleur semestre. Il est d’identifier, pour chacune, la prochaine contrainte qui peut freiner la création de valeur : risque, capital, ressources, efficacité ou capacité à déployer le bilan avec suffisamment de rendement.
ATB et BH Bank illustrent aussi une discipline de méthode : lorsqu’une donnée déterminante n’est pas publiée, elle reste visible comme manquante. Elle n’est ni devinée ni remplacée par une estimation.
À propos de l’éditeurPrime Partners Holdings est une holding d’investissement privée basée à Tunis. Elle investit son propre bilan et ne gère pas de capitaux de tiers.
DisclaimerCette note expose une lecture de comptes publiés. Elle ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation d’achat ou de vente.
MéthodePublication d’analyse sectorielle fondée sur des informations publiques arrêtées au 30 juin 2026. Un chiffre non publié est laissé de côté ; il n’est pas estimé.
AnalyseSlim Moalla, Fondateur, Prime Partners Holdings.