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Tunis Listed · n°2 · Tunis · Octobre 2026 · #TunisListed

Ce que le PNB et le résultat net ne disent pas

Portefeuille de titres, commissions, coût des ressources, coût du risque, ROE décomposé: cinq lectures des comptes des 10 banques cotées à la Bourse de Tunis au premier semestre 2026.

Préparée pour une lecture des comptes des banques cotées. Aucune offre, ni sollicitation.

Les 10 banques cotées ont publié au Conseil du marché financier leurs états financiers intermédiaires individuels au 30 juin 2026. Ce sont Amen Bank, ATB, Attijari Bank, BH Bank, BIAT, BNA, BT, STB, UBCI et UIB. Le panel est complet. La note travaille sur les comptes individuels, pas sur les comptes consolidés. Quand une banque publie un comparatif du premier semestre 2025 retraité, c'est lui qui sert.

Les banques sont présentées par ordre alphabétique dans les tableaux. La note ne classe pas les banques et ne dit pas ce qu'il faudrait faire. Elle montre plutôt des profils.

Le produit net bancaire (PNB) et la rentabilité des capitaux propres (ROE) sont les deux chiffres que tout le monde cite. Ils résument beaucoup et ils cachent presque autant. La note les ouvre par cinq lectures, toutes calculées sur les comptes publiés, sans retraitement propre ni hypothèse d'allocation.

Trois vitesses de lecture: deux minutes pour le sommaire et les tableaux, cinq pour les encadrés «À retenir», le temps qu'il faut pour la prose.

Portefeuille
Commissions
Ressources
Coût du risque
ROE
5

Cinq lectures des mêmes comptes. Chacune répond à une question, aucune ne classe les banques.

Le produit net bancaire (PNB) mélange deux métiers. Le premier est la banque commerciale: prêter, collecter, facturer des services. Le second est la détention de titres pour compte propre. Ses revenus arrivent au poste «revenus du portefeuille d'investissement».

Ce portefeuille réunit deux familles de titres. Les titres d'investissement sont gardés en principe jusqu'à leur échéance. Ce sont surtout des titres d'État: bons du Trésor assimilables (BTA) et emprunts nationaux. Les titres de participation, dans les filiales et les entreprises associées, rapportent des dividendes.

Prises ensemble, les huit banques qui publient ce détail détiennent au moins 80 % de leurs titres d'investissement en titres d'État. Le portefeuille compte aussi des fonds confiés en gestion à des sociétés d'investissement à capital risque (SICAR), dits fonds gérés, et des emprunts obligataires. S'y ajoutent des parts de fonds communs de placement à risque (FCPR). Les dividendes des participations varient avec ce que les filiales distribuent.

L'erreur dans laquelle il est facile de tomber: rapporter le portefeuille au PNB.

Le piège est courant et il fausse la mesure. Les revenus du portefeuille sont un montant brut. Le PNB est un montant net: les charges d'exploitation bancaire, intérêts en tête, en sont déjà retirées. Or les charges d'intérêts financent les deux métiers à la fois, et les comptes publiés ne les ventilent pas. Diviser un brut par un net gonfle donc le ratio sans rien mesurer de plus.

L'écart est large. Sur les 10 banques réunies, le portefeuille pèse 23,3 % des produits d'exploitation bancaire. Rapporté au PNB, le même revenu en ferait 42,3 %, presque le double. La note compare donc un brut à un brut: les revenus du portefeuille au total des produits, tous deux avant la moindre charge.

Le même poids se lit au bilan, en rapportant le portefeuille d'investissement au total actif:

BanqueRevenus du portefeuille / produitsPortefeuille / total actif
Amen Bank28,2 %26,7 %
ATB15,1 %16,6 %
Attijari Bank23,8 %24,9 %
BH Bank22,7 %25,9 %
BIAT23,1 %27,8 %
BNA32,0 %37,9 %
BT15,7 %15,6 %
STB32,6 %31,7 %
UBCI6,9 %7,9 %
UIB4,9 %6,6 %
Graphique

Poids du portefeuille, en %

28,2 %26,7 %
Amen Bank
15,1 %16,6 %
ATB
23,8 %24,9 %
Attijari Bank
22,7 %25,9 %
BH Bank
23,1 %27,8 %
BIAT
32,0 %37,9 %
BNA
15,7 %15,6 %
BT
32,6 %31,7 %
STB
6,9 %7,9 %
UBCI
4,9 %6,6 %
UIB
Revenus du portefeuille / produitsPortefeuille / total actif

Les deux colonnes du tableau, en regard.

L'écart va de 1 à plus de 6. Trois banques tirent plus du quart de leurs produits de leur portefeuille: Amen Bank, BNA et STB. À la BNA et à la STB, ce revenu vient d'abord des titres d'État. Chez Amen Bank, les fonds gérés rapportent plus que les bons du Trésor: 35,5 % des revenus du portefeuille contre 31,8 %. Attijari Bank, BH Bank et BIAT forment un groupe serré autour de 23 %. ATB et BT sont à mi-chemin, autour de 15 %. UBCI et UIB tirent l'essentiel de leurs revenus du crédit et des services.

Une précision de méthode pour l'UBCI. Elle détient une part importante de ses titres d'État en portefeuille commercial. Leurs gains passent au poste des opérations financières, pas à celui du portefeuille d'investissement. Avec ces gains, son poids ressort à 18,6 % des produits. La convention de la note laisse les opérations financières dans la banque commerciale. Cette précision évite de lire l'UBCI comme une banque sans titres.

Ce poids décrit le modèle de revenus de la banque, pas sa rentabilité. Un portefeuille de titres d'État rapporte un revenu régulier, sans provision pour risque de crédit, et mobilise peu de charges d'exploitation. Il rend aussi le PNB plus sensible à la trajectoire des taux et au calendrier des émissions de l'État.

À retenir

  • Le portefeuille d'investissement pèse de 4,9 % à 32,6 % des produits d'exploitation bancaire selon la banque.
  • Trois banques dépassent le quart des produits.
  • La mesure se fait en brut sur brut: rapporté au PNB, le même revenu pèserait presque le double.

Le PNB le plus élevé n'est pas toujours le plus commercial.

Les commissions sont la part du produit net bancaire (PNB) la moins exposée aux taux: tenue de compte, moyens de paiement, monétique, commerce extérieur. La question est de savoir quelle part des frais généraux elles couvrent à elles seules. La note rapporte les commissions nettes (commissions perçues moins commissions encourues) aux frais généraux (frais de personnel, charges générales d'exploitation, dotations aux amortissements):

BanqueCommissions nettes (MDT)Frais généraux (MDT)CouvertureCoefficient d'exploitation
Amen Bank64,8128,050,6 %35,3 %
ATB33,2139,023,9 %74,3 %
Attijari Bank64,1190,733,6 %50,9 %
BH Bank67,3163,141,3 %47,2 %
BIAT144,9372,338,9 %46,4 %
BNA78,8213,037,0 %38,0 %
BT40,9101,140,5 %34,6 %
STB57,7188,130,7 %60,0 %
UBCI33,7126,026,8 %64,7 %
UIB76,9148,251,9 %54,1 %
Graphique

Couverture des frais généraux et coefficient d'exploitation, en %

50,6 %35,3 %
Amen Bank
23,9 %74,3 %
ATB
33,6 %50,9 %
Attijari Bank
41,3 %47,2 %
BH Bank
38,9 %46,4 %
BIAT
37,0 %38,0 %
BNA
40,5 %34,6 %
BT
30,7 %60,0 %
STB
26,8 %64,7 %
UBCI
51,9 %54,1 %
UIB
Couverture par les commissionsCoefficient d'exploitation

La couverture reste partout entre un peu moins d'un quart et un peu plus de la moitié. Le reste des charges est donc couvert par la marge d'intérêt ou par le portefeuille, et c'est là que les modèles se séparent.

Le coefficient d'exploitation (frais généraux rapportés au PNB) mesure autre chose: le poids des charges dans tout ce que la banque produit, portefeuille compris. Il est calculé ici de la même façon pour les 10 banques et peut différer du chiffre qu'une banque publie. Il n'a pas de seuil réglementaire: il se lit en comparaison. Une banque très investie en titres peut afficher un coefficient bas tout en couvrant peu ses charges par les services. À l'inverse, l'UIB a un coefficient au-dessus de 50 % et la meilleure couverture par les commissions: son PNB est commercial presque en entier.

À retenir

  • Les commissions nettes couvrent de 23,9 % à 51,9 % des frais généraux.
  • Deux banques seulement dépassent la moitié: Amen Bank et UIB. ATB et UBCI sont sous 30 %, STB juste au-dessus.
  • Le coefficient d'exploitation et ce ratio ne racontent pas la même chose.

Un coefficient bas dit que la banque produit beaucoup mais il ne dit pas avec quoi.

Hors capitaux propres, une banque finance son activité par trois ressources: les dépôts de la clientèle, les emprunts, et le refinancement de la Banque centrale et du marché interbancaire. Elles n'ont pas le même prix. Le dépôt à vue est peu ou pas rémunéré. L'épargne, les dépôts à terme, les certificats et les emprunts portent intérêt. Le refinancement se paie aux conditions du marché monétaire.

Le coût apparent des ressources part des intérêts payés sur le semestre, multipliés par 2 pour les ramener à l'année. Il les rapporte à la moyenne des ressources de tiers: tout le bilan sauf les capitaux propres, au 31 décembre 2025 et au 30 juin 2026. «Apparent», parce que la mesure est large: elle ne suppose rien sur ce que finance chaque ressource. Elle reste indicative, comme toute annualisation d'un semestre.

Le tableau met en face la part des dépôts à vue, la ressource la moins chère du bilan:

BanqueCoût apparent des ressourcesDépôts à vue / dépôts
Amen Bank5,26 %31,4 %
ATB4,52 %34,6 %
Attijari Bank3,56 %47,5 %
BH Bank4,90 %28,6 %
BIAT3,74 %46,7 %
BNA5,85 %30,8 %
BT4,75 %28,0 %
STB4,77 %25,6 %
UBCI3,95 %53,2 %
UIB4,47 %31,5 %
Graphique

Part des dépôts à vue dans les dépôts, en %

31,4 %
Amen Bank
34,6 %
ATB
47,5 %
Attijari Bank
28,6 %
BH Bank
46,7 %
BIAT
30,8 %
BNA
28,0 %
BT
25,6 %
STB
53,2 %
UBCI
31,5 %
UIB
Dépôts à vue / dépôts

Le coût apparent des ressources est dans le tableau: plus cette part est haute, plus il est bas.

La relation est nette. Chez Attijari Bank, BIAT et UBCI, les dépôts à vue font près de la moitié des dépôts, ou plus. Leur coût des ressources est inférieur à 4 %. Les sept autres sont entre 25 % et 35 % de dépôts à vue et entre 4,4 % et 5,9 % de coût.

Deux nuances:

  1. L'UIB affiche un coût des ressources plus bas que les banques qui ont à peu près la même part de dépôts à vue. L'épargne pèse lourd dans sa collecte.
  2. Les banques qui complètent leurs dépôts par le refinancement de la Banque centrale ou du marché monétaire rémunèrent ce complément aux conditions du marché. C'est le cas, à des degrés divers, d'Amen Bank et de la BNA, en haut de la colonne.

À retenir

  • Le coût apparent des ressources va de 3,56 % à 5,85 %. Il rapporte les intérêts payés, annualisés, aux ressources de tiers moyennes.
  • Les dépôts à vue, qui ne sont pas ou peu rémunérés, pèsent de 25,6 % à 53,2 % des dépôts de la clientèle.
  • Les trois banques où ils dépassent 45 % ont aussi les coûts les plus bas.

L'avantage du dépôt à vue ne figure dans aucun produit: il se lit dans les charges d'intérêts.

Le coût du risque (dotations aux provisions et résultat des corrections de valeurs sur créances, hors bilan et passif) se commente d'ordinaire en montant. Deux rapports le rendent comparable:

  1. Rapporté au PNB, il répond à une question de compte de résultat: quelle part de ce que la banque a produit au semestre est partie en risque. Suivi d'une période à l'autre sur la même base, il distingue aussi un semestre chargé d'une tendance installée. La note le calcule avec la définition des comptes, sans retraitement. Elle le compare au premier semestre 2025 retraité quand la banque le publie.
  2. Rapporté aux créances nettes sur la clientèle, il répond à une question de bilan: le rythme auquel le portefeuille de crédit se déprécie. Il se calcule sur l'encours moyen du semestre, annualisé:
BanqueCoût du risque / PNB S1 2026S1 2025Coût du risque / encours moyens (annualisé)
Amen Bank15,9 %16,9 %1,53 %
ATB36,7 %19,1 %2,68 %
Attijari Bank5,9 %3,7 %0,63 %
BH Bank42,4 %25,1 % (retraité)2,84 %
BIAT2,2 %6,0 %0,27 %
BNA17,9 %18,9 % (retraité)1,38 %
BT10,0 %12,9 %0,89 %
STB41,9 %44,3 %3,03 %
UBCI5,8 %3,5 %0,60 %
UIB9,3 %10,5 %0,78 %
Graphique

Coût du risque rapporté au PNB, en %

15,9 %16,9 %
Amen Bank
36,7 %19,1 %
ATB
5,9 %3,7 %
Attijari Bank
42,4 %25,1 %
BH Bank
2,2 %6,0 %
BIAT
17,9 %18,9 %
BNA
10,0 %12,9 %
BT
41,9 %44,3 %
STB
5,8 %3,5 %
UBCI
9,3 %10,5 %
UIB
S1 2026S1 2025

Deux banques publient un comparatif retraité: il est repris tel quel.

Le ratio baisse chez six banques, dont la BNA et la STB, et monte chez quatre: ATB, Attijari Bank, BH Bank et UBCI. Les niveaux se répartissent en trois étages: sous 10 % pour quatre banques, entre 10 % et 20 % pour trois, au-dessus de 35 % pour trois. Chez ATB, la couverture du semestre a été estimée par une méthode statistique, après la migration du système d'information. Une analyse individuelle pourra la réviser: le chiffre se lit avec cette réserve.

Les deux mesures se complètent. Un coût du risque élevé rapporté au PNB peut venir d'un encours qui se déprécie vite. Il peut aussi venir d'un PNB modeste face à un encours large. Le second ratio tranche entre les deux.

L'autre erreur facile: prendre une dotation pour une couverture.

Le piège, ici: une banque provisionne davantage, et l'on en conclut que ses créances classées, celles dont le remboursement est devenu incertain, sont mieux couvertes.

Une dotation plus forte dit un effort de provisionnement. Elle ne dit pas, à elle seule, que la couverture s'améliore. Cette lecture demande le stock de provisions face au stock de créances classées, que la note ne traite pas.

À retenir

  • Rapporté au produit net bancaire (PNB), le coût du risque dit quelle part du semestre il consomme.
  • Rapporté aux encours de crédit, il dit à quel rythme le portefeuille de crédit se déprécie.
  • Par rapport au premier semestre 2025, le premier ratio baisse chez 6 banques sur 10 et monte chez les 4 autres.

Le même montant de provisions pose deux questions, et la seconde ne se lit pas dans le compte de résultat.

La rentabilité des capitaux propres (ROE) se décompose en deux facteurs. La rentabilité de l'actif (ROA) dit ce que rapporte chaque dinar de bilan. Le levier dit combien de dinars de bilan la banque porte par dinar de capitaux propres. Le produit des deux donne le ROE.

Pourquoi des moyennes. Les capitaux propres arrêtés au 30 juin ne sont pas ceux que la banque a employés au cours du semestre. Deux effets jouent en sens contraire:

  1. Ils contiennent déjà le résultat de la période. Le profit mesuré se retrouve au dénominateur, et le ROE paraît plus bas qu'il n'est.
  2. Ils ont perdu les dividendes, votés au printemps et versés en général avant la fin du premier semestre. Ces fonds ont été employés une partie du semestre avant d'être distribués: le ROE paraît plus haut.

Ces deux effets pèsent différemment d'une banque à l'autre, selon ce qu'elle distribue et quand elle le verse. La note retient donc la moyenne des capitaux propres au 31 décembre 2025 et au 30 juin 2026. Le total actif suit la même règle.

Le dividende a été versé avant le 30 juin par 8 banques sur 10. ATB et BH Bank n'ont pas distribué. Le résultat du semestre est annualisé, à titre indicatif:

BanqueROA (annualisé)LevierROE (annualisé)
Amen Bank2,51 %7,518,8 %
ATB−0,69 %13,3−9,2 %
Attijari Bank1,77 %12,822,7 %
BH Bank0,20 %11,12,2 %
BIAT1,99 %11,522,8 %
BNA1,24 %10,512,9 %
BT2,15 %5,912,7 %
STB0,12 %11,71,4 %
UBCI1,01 %10,010,2 %
UIB1,20 %8,09,6 %
Graphique

Rentabilité des capitaux propres (ROE) annualisée, en %

18,8 %
Amen Bank
−9,2 %
ATB
22,7 %
Attijari Bank
2,2 %
BH Bank
22,8 %
BIAT
12,9 %
BNA
12,7 %
BT
1,4 %
STB
10,2 %
UBCI
9,6 %
UIB
ROE annualisé

ATB est en perte sur le semestre: sa barre est vide. Le ROA et le levier sont dans le tableau.

Le cas d'école du semestre tient en deux lignes. La BT a le deuxième ROA du panel, 2,15 %, et un ROE de 12,7 %. Elle porte moins de 6 dinars d'actif par dinar de fonds propres. Attijari Bank a un ROA plus bas, 1,77 %, et un ROE de 22,7 %. Elle en porte près de 13. Les rentabilités de l'actif sont proches, et les ROE vont presque du simple au double. Amen Bank a le ROA le plus élevé et un levier modéré.

Le levier se lit avec précaution. C'est un rapport comptable entre le bilan et les fonds propres. Ce n'est pas le ratio de solvabilité réglementaire, qui pondère les actifs par leur risque: un portefeuille de titres d'État, par exemple, y pèse peu. Un levier élevé n'est donc pas, à lui seul, un signe de fragilité. La solvabilité réglementaire est traitée banque par banque dans la note banques S1 2026.

À retenir

  • ROE = rentabilité de l'actif (ROA) × levier (actif / capitaux propres).
  • Le levier va de 5,9 à 13,3: le même ROA ne donne pas le même ROE.
  • Le levier comptable n'est pas la solvabilité réglementaire.

Le ROE dit combien mais il faut ses deux facteurs pour dire comment.

Mises bout à bout, les lectures regroupent les banques par la manière dont elles produisent leur produit net bancaire (PNB). Elles ne disent rien de ce que les banques valent.

Une première famille se finance à bas coût par les dépôts à vue: Attijari Bank, BIAT et UBCI. Les dépôts à vue y font près de la moitié des dépôts ou plus, et les ressources coûtent moins de 4 %. Le levier y va de 10,0 à 12,8. Le coût du risque y est bas.

Une deuxième s'appuie fortement sur le portefeuille de titres: Amen Bank, BNA et STB en tirent plus du quart de leurs produits. Le coût des ressources y est plus élevé. La rentabilité, elle, change beaucoup d'une banque à l'autre. Le même revenu ne produit pas le même résultat selon le coût du risque qui l'accompagne.

Une troisième repose sur la marge et le service: BT et UIB. La BT a un portefeuille moyen et le coefficient le plus bas du panel. L'UIB a un portefeuille léger et une couverture des charges par les commissions parmi les plus hautes.

ATB et BH Bank sont entre deux modèles. Leur portefeuille est moyen et leurs dépôts à vue restent sous 35 % des dépôts. Surtout, le coût du risque a pesé sur ce semestre plus que le modèle.

À retenir

  • Les cinq lectures dessinent des familles de modèles, pas un classement.
  • Les familles se lisent par le modèle, jamais par le rang.

Dix banques, pas le même métier derrière le même PNB.

Reste une question: si les taux venaient à baisser, quelle composante du PNB bougerait le plus: le revenu des titres, la marge sur les dépôts à vue ou les commissions?

Fin de la note

Ce que la note ne mesure pas

La marge d'intérêt, les créances classées, la liquidité et la solvabilité. Les créances classées et la solvabilité sont dans la note banques S1 2026.

Conventions

  • Revenus du portefeuille d'investissement rapportés au total des produits d'exploitation bancaire;
  • Opérations financières (titres commerciaux et change) laissées à la banque commerciale;
  • Aucune allocation des charges d'intérêts;
  • Frais généraux = personnel + charges générales + amortissements;
  • Coût du risque = poste des dotations sur créances, hors bilan et passif, rapporté au PNB et aux créances nettes moyennes;
  • Moyennes au 31/12/2025 et au 30/06/2026;
  • Résultats et charges annualisés par 2, à titre indicatif.

Sources

États financiers intermédiaires individuels au 30 juin 2026 publiés au Conseil du marché financier (CMF), rapports d'examen limité des commissaires aux comptes.

Droits

© 2026 Prime Partners Holdings. Reprise autorisée avec attribution et lien. Les états financiers cités appartiennent à leurs émetteurs.

Avertissement

Cette note expose une lecture de comptes publiés. Elle ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation d'achat ou de vente.

Analyse et signature

Note

Cette note a été nourrie d'échanges avec des praticiens du secteur.

Relecture

Pour citer cette note

Prime Partners Holdings, «Ce que le PNB et le résultat net ne disent pas», série Tunis Listed, Tunis, octobre 2026. https://primepartners.tn/fr/ce-que-le-pnb-et-le-resultat-net-ne-disent-pas/. Ligne d’attribution pour une reprise: Analyse publiée par Prime Partners Holdings, suivie du lien vers la note. Sur LinkedIn: #TunisListed.

Données

Les cinq tableaux réunis en un fichier: lectures-s1-2026.csv. Les données de la note banques S1 2026: banques-s1-2026.csv.

L'éditeur

Prime Partners Holdings

Activité
Holding d'investissement privée basée à Tunis. Elle investit son propre bilan dans des participations cotées et non cotées.
Capital
Pas de fonds, pas de capitaux de tiers, pas de calendrier de sortie. Aucun service financier commercialisé, aucune sollicitation.
Détention
Stratégie, gouvernance et allocation du capital au niveau de l'actionnaire. La direction dirige l'entreprise.
Ancienneté
Investissements en Tunisie depuis 1991, dans la banque, l'assurance, l'industrie et les services.
Publications
La série «Tunis Listed» lit les comptes déposés, secteur par secteur, sans recommandation ni objectif de cours. #TunisListed.

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