Tunis Listed · n°1 · Tunis · Septembre 2026
Banques tunisiennes
cotées: S1 2026
Croissance, rentabilité, risque, ressources et solvabilité
Mise à jour du 2 octobre 2026: chiffres recalculés sur les états financiers publiés au CMF, solvabilité reprise des états financiers ou, à défaut, des rapports annuels.
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Périmètre: 10 des 12 banques cotées à la Bourse de Tunis, sur leurs états financiers intermédiaires au 30 juin 2026. Hors périmètre: BTE (actions à dividende prioritaire) et Wifak International Bank (banque islamique).
Sources: états financiers, rapports annuels, rapports des commissaires aux comptes, CMF. Détail des sources et méthode.
Éditeur: Prime Partners Holdings, holding d’investissement privée. Cette note est issue de sa propre recherche; elle est publiée telle quelle, sans aucune sollicitation ni démarchage.
Le produit net bancaire (PNB) (le revenu tiré de l’activité bancaire avant frais de fonctionnement et coût du risque) ne raconte qu’une partie de la performance. Une hausse peut venir du crédit, des commissions, du coût des ressources ou de la contribution des portefeuilles financiers.
Le financement ne pèse pas partout de la même façon. Certaines banques disposent de dépôts très supérieurs aux crédits; d’autres utilisent déjà une grande partie de leurs ressources clientèle.
Enfin, le risque reste le filtre essentiel. Le coût du risque (principalement les provisions et pertes liées aux crédits) peut renforcer le résultat, ou en absorber une grande partie.
Le S1 2026 ne sépare donc pas des banques qui croissent et des banques qui ne croissent pas. Il montre des banques qui ne butent pas sur la même contrainte.
Dix bilans et des trajectoires différentes.
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| Banque | Crédits clientèle | Dépôts clientèle | Crédits/dépôts | PNB S1 2026 | Var. PNB vs S1 2025 | Résultat net S1 | Var. RN vs S1 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Amen Bank | 7 574 MDT | 9 332 MDT | 81,2 % | 362,4 MDT | +17,7 % | 161,9 MDT | +23,7 % |
| ATB | 4 968 MDT | 6 607 MDT | 75,2 % | 187,0 MDT | +9,2 % | −27,6 MDT | n.s. |
| Attijari Bank | 6 888 MDT | 11 970 MDT | 57,5 % | 374,8 MDT | +5,1 % | 123,1 MDT | +5,9 % |
| BH Bank | 10 350 MDT | 10 210 MDT | 101,4 % | 345,7 MDT | +8,7 % | 15,2 MDT | −72,0 % |
| BIAT | 13 209 MDT | 23 022 MDT | 57,4 % | 802,7 MDT | +1,9 % | 271,4 MDT | +10,3 % |
| BNA | 14 548 MDT | 15 393 MDT | 94,5 % | 560,1 MDT | +4,3 % | 156,3 MDT | +13,8 % |
| Banque de Tunisie | 6 588 MDT | 6 807 MDT | 96,8 % | 292,1 MDT | +11,8 % | 95,6 MDT | +12,5 % |
| STB Bank | 8 720 MDT | 12 973 MDT | 67,2 % | 313,7 MDT | −10,5 % | 9,1 MDT | −59,4 % |
| UBCI | 4 031 MDT | 4 271 MDT | 94,4 % | 194,9 MDT | +10,9 % | 30,0 MDT | +9,7 % |
| UIB | 6 480 MDT | 7 186 MDT | 90,2 % | 273,8 MDT | +5,9 % | 52,3 MDT | +6,6 % |
Crédits/dépôts, en %: ratio analytique
Source: tableau 1, chiffres publiés. BH Bank: états financiers intermédiaires publiés le 18/09/2026.
Conventions de ce tableau: Encours, Crédits / dépôts, Variations, n.s., Arrondis. Définitions en fin de note ↓
Variation du PNB vs S1 2025, en %
Pour ATB, la variation du résultat net n’est pas significative (n.s.): il passe d’un bénéfice de 2,6 MDT au S1 2025 à une perte de 27,6 MDT.
Crédits sur dépôts: de 57 % à 101 % selon la banque.
l’amplitude du ratio crédits/dépôts entre banques
Le ratio crédits/dépôts varie fortement d’une banque à l’autre: environ 57 % chez BIAT et Attijari Bank, contre près de 97 % chez Banque de Tunisie et plus de 100 % chez BH Bank.
Ce ratio ne mesure pas la liquidité réglementaire. Il montre à quel point une banque utilise déjà ses dépôts pour financer ses crédits.
Chez BIAT et Attijari Bank, la base de dépôts est très supérieure au crédit. La question n’est donc pas, à court terme, de trouver davantage de ressources pour pouvoir prêter. Elle est de savoir où employer ces ressources avec un rendement suffisant une fois le risque pris en compte.
Amen Bank conserve également une marge confortable entre crédits et dépôts.
À l’inverse, Banque de Tunisie et UBCI se situent entre 94 et 97 %. Elles peuvent continuer à développer leurs crédits, mais pour accélérer durablement, il leur faudra davantage de dépôts, d’autres ressources ou réallouer une partie du bilan.
La BNA est proche de ce niveau également, mais ses dépôts progressent sensiblement sur 6 mois, ce qui réduit la tension: la situation est intermédiaire, pas un signal d’alerte.
UIB se situe entre ces groupes.
BH Bank dépasse 100 % sur les états financiers publiés. Cela ne veut pas dire que la banque manque de liquidité. Cela veut dire que pour prêter davantage, elle devra renforcer sa collecte, trouver d’autres ressources ou réallouer son bilan. Sa collecte progresse toutefois plus vite que ses crédits (+1,8 % contre +0,3 % sur 6 mois), ce qui atténue peu à peu cette tension.
ATB, malgré la contraction de ses volumes, continue de disposer d’une base de dépôts sensiblement supérieure aux crédits.
D’où vient le produit net bancaire?
le PNB le plus dynamique du semestre (Amen Bank)
La progression du PNB est très différente d’une banque à l’autre, tout comme sa composition.
Chez Amen Bank, le PNB progresse de 17,7 %. Le portefeuille financier y tient une place importante: 28,2 % des produits d’exploitation bancaire. La croissance est donc nette, mais il faut séparer ce qui vient des clients de ce qui vient des titres et des placements.
La BNA présente une configuration encore plus marquée: 32,0 % de ses produits d’exploitation bancaire viennent du portefeuille-titres. Le résultat progresse sensiblement alors que les crédits évoluent peu depuis décembre.
Chez Attijari Bank, le crédit recule sur 6 mois tandis que la collecte reste abondante: le surplus va donc vers d’autres emplois rémunérés.
BIAT présente l’écart inverse: le PNB ne progresse que de 1,9 %, mais le résultat net avance de 10,3 %. Cette différence vient notamment de la forte diminution du coût du risque par rapport au S1 2025.
Banque de Tunisie combine une hausse à deux chiffres du PNB et du résultat, avec une efficacité opérationnelle élevée.
UBCI affiche également une progression à deux chiffres du PNB, mais le résultat ne suit pas encore au même rythme que l’activité.
UIB améliore son PNB dans un bilan où les volumes restent relativement stables sur 6 mois.
Enfin, chez STB Bank, les volumes de bilan progressent sur 6 mois tandis que le PNB recule de 10,5 %.
Un PNB en hausse n’a donc pas partout la même origine, et ne se transforme pas partout aussi bien en résultat.
Efficacité: ce que le PNB laisse en résultat.
Le coefficient d’exploitation (la part du PNB absorbée par les frais de fonctionnement) mesure l’efficacité avec laquelle le revenu bancaire est transformé en résultat opérationnel.
Amen Bank et Banque de Tunisie affichent une forte efficacité opérationnelle. La croissance du revenu se transforme efficacement en résultat.
La BNA dégage elle aussi un fort résultat d’exploitation. Son principal sujet n’est pas le coût: c’est le risque porté par le bilan.
Chez Attijari Bank, le résultat brut d’exploitation (avant coût du risque) progresse plus vite que le PNB. La hausse du coût du risque absorbe toutefois une partie de cette amélioration.
Chez BIAT, la rentabilité du semestre bénéficie beaucoup de la baisse du coût du risque. C’est positif, mais différent d’une accélération du revenu.
UIB progresse de manière plus régulière: PNB et résultat s’améliorent, sans accélération assez nette pour changer la lecture du semestre.
UBCI présente un autre cas. Le PNB et les crédits progressent sensiblement, les dépôts de 9,2 % sur 6 mois, mais le coefficient d’exploitation reste élevé, autour de 65 % selon la définition retenue au S1, et le coût du risque augmente. La croissance est visible; sa transformation en résultat reste le principal chantier.
Chez ATB, le produit net bancaire progresse de 9,2 %, mais le coefficient d’exploitation atteint 74,3 % et le coût du risque fait passer le semestre en perte (−27,6 MDT).
Chez BH Bank, le coefficient d’exploitation est de 47,2 %; le semestre se joue au coût du risque, qui absorbe l’essentiel du résultat d’exploitation.
Chez STB Bank, le coefficient d’exploitation se détériore sensiblement, de 50 % au S1 2025 à 60 %, tandis que le résultat net recule fortement. L’activité repart, mais elle ne se traduit pas encore en résultat.
Le coût du risque fait l’écart.
l’amplitude du taux d’engagements classés entre banques
Les engagements classés (crédits et autres engagements que la réglementation bancaire classe comme risqués) permettent de juger la qualité des crédits, pas seulement leur volume.
Amen Bank voit son taux d’engagements classés passer à 8,70 %*, contre 8,37 % à fin 2025. La couverture progresse néanmoins sur le semestre, de 69,14 % à 72,21 %*. Le coût du risque augmente en valeur mais reste absorbé par la nette progression du revenu et du résultat. Le profil reste solide, mais pas sans point à surveiller.
Chez Banque de Tunisie, le taux d’engagements classés, en légère hausse depuis fin 2025, s’établit à 6,49 %*, et la couverture progresse de 82,95 % à 85,69 %. Ce niveau de couverture élevé compense le mouvement du taux.
Chez Attijari Bank, les créances classées augmentent de 7,1 % sur le semestre et le coût du risque passe de 13,2 à 22,0 MDT, soit 5,9 % du PNB. Les niveaux restent contenus, mais la tendance empêche d’en faire un vrai point fort.
BIAT bénéficie d’une forte baisse du coût du risque, à environ 17,9 MDT au S1. Nous restons pourtant prudents: cette baisse explique une bonne partie de la hausse du résultat, et il faudra vérifier qu’elle dure.
La BNA améliore sur un an son taux d’engagements classés, de 22,51 % à 21,59 %, et porte sa couverture de 56,43 % à 59,35 %. Le mouvement va dans le bon sens, mais le stock reste suffisamment élevé pour maintenir la vigilance.
Chez UBCI, le coût du risque augmente nettement: 11,3 MDT contre 6,1 MDT au S1 2025. Le taux de créances classées, lui, est quasi stable sur le semestre, à 5,1 %. La couverture est proche de 74 %.
UIB réduit son coût du risque et améliore progressivement ses indicateurs, mais le mouvement est encore trop récent pour en faire un point fort durable.
Chez ATB, les dotations nettes sur créances passent de 32,7 à 68,6 MDT; après la migration de son système d’information, la banque a estimé la couverture par une méthode statistique, qu’une analyse individuelle pourra réviser. Chez BH Bank, les dotations nettes sur créances augmentent de 83,9 %, à 146,7 MDT: le risque devient le point de vigilance du semestre.
Pour STB Bank, les comptes S1 conduisent à maintenir le risque comme point de vigilance.
Solvabilité: absorber le risque, et non pas financer la croissance.
Les ratios de solvabilité ne sont pas tous publiés à la même date. La comparaison utilise donc le dernier ratio officiel suffisamment récent disponible, dont la date est indiquée.
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| Banque | Solvabilité globale | Tier 1 | Date du ratio retenu |
|---|---|---|---|
| Amen Bank | 16,85 % | 12,47 % | 31/12/2025 |
| ATB | n.d. | n.d. | n.d. |
| Attijari Bank | 13,89 % | 11,32 % | 30/06/2026 |
| BH Bank | 15,8 % | 13,28 % | 31/12/2025 |
| BIAT | 15,81 % | 10,50 % | 31/12/2025 |
| BNA | 22,13 % | 19,07 % | 31/12/2025 |
| Banque de Tunisie | 16,23 % | n.d. | 31/12/2025 |
| STB Bank | 15,68 % | 12,80 % | 31/12/2025 |
| UBCI | 14,55 % | n.d. | 31/12/2025 |
| UIB | n.d. | n.d. | n.d. |
Conventions de ce tableau: Solvabilité, Arrondis. Définitions en fin de note ↓
Pour ATB et UIB, ni les états financiers ni le rapport annuel publiés au CMF ne donnent de ratio de solvabilité récent (UIB n’a pas publié de rapport annuel 2025): la case reste vide.
La solvabilité mesure la capacité d’une banque à absorber les risques de son bilan. Elle ne fournit pas, à elle seule, les ressources qui financent un nouveau crédit.
Une banque peut donc disposer d’un capital réglementaire confortable tout en devant augmenter sa collecte pour soutenir davantage de crédits. À l’inverse, une banque très liquide peut malgré tout avoir moins de marge en capital pour développer son bilan.
La BNA dispose d’une capacité de capital particulièrement importante. Amen Bank, Banque de Tunisie, BH Bank, BIAT, STB Bank et UBCI disposent également d’une marge prudentielle confortable sur le dernier ratio publié.
Attijari Bank reste au-dessus des exigences, mais avec une marge moins large que les banques les mieux capitalisées du panel.
Cinq dimensions et aucun classement.
Faites glisser le tableau
| Banque | Croissance | Rentabilité / efficacité | Risque | Coût du risque / PNB | Ressources | Solvabilité |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Amen Bank | 15,9 % | |||||
| ATB | 36,7 % | |||||
| Attijari Bank | 5,9 % | |||||
| BH Bank | 42,4 % | |||||
| BIAT | 2,2 % | |||||
| BNA | 17,9 % | |||||
| Banque de Tunisie | 10,0 % | |||||
| STB Bank | 41,9 % | |||||
| UBCI | 5,8 % | |||||
| UIB | 9,3 % |
Conventions de ce tableau: Variations, Crédits / dépôts, Coût du risque / PNB, Coefficient d’exploitation, Engagements classés et couverture, Solvabilité. Définitions en fin de note ↓
Chaque colonne se lit séparément. Les ronds ne sont ni additionnés ni moyennés et ne constituent ni une note ni une recommandation.
La colonne Croissance combine les volumes, le PNB et le résultat lorsqu’il est publié. Rentabilité / efficacité regarde comment le revenu se transforme en résultat. Risque regarde le coût du risque, les engagements classés et leur couverture. Ressources regarde à quel point les dépôts sont déjà mobilisés pour financer les crédits, et comment ils évoluent. Solvabilité utilise le dernier ratio officiel suffisamment récent.
La grille fait apparaître ce qu’un classement masquerait: une banque peut disposer d’un capital très confortable et porter davantage de risque; une autre peut croître rapidement mais utiliser déjà intensément ses ressources; une troisième peut disposer de dépôts abondants sans accélérer son crédit.
Ce que la grille dit
Pas de gagnante mais des contraintes différentes.
La croissance n’a de valeur que si le risque, les ressources et le capital suivent.
Dix banques et dix contraintes à venir.
Amen Bank
préserver la qualité d’une croissance à deux chiffres
Amen Bank combine une progression à deux chiffres du PNB et du résultat, une bonne efficacité opérationnelle et une base de ressources confortable.
Le point à surveiller n’est donc pas de savoir si le bilan peut croître, mais si cette croissance reste de bonne qualité: le poids des revenus de portefeuille est élevé, et la qualité des engagements reste à suivre.
Prochaine contrainte: préserver la qualité des actifs et du revenu à mesure que le bilan continue de progresser.
ATB
le PNB avance mais le coût du risque fait basculer le semestre
Les crédits nets d’ATB reculent de 6,5 % et les dépôts de 2,3 % par rapport au S1 2025. Le bilan garde des ressources nettement supérieures aux crédits: le ratio analytique crédits/dépôts est de 75,2 %.
Les états financiers montrent un produit net bancaire (PNB) de 187,0 MDT, en progression de 9,2 %: les charges d’intérêts reculent plus vite (−23,6 %) que les intérêts perçus (−15,7 %). Les frais généraux augmentent de 7,9 % et le coefficient d’exploitation atteint 74,3 %.
L’essentiel du semestre tient au coût du risque. La migration du système d’information vers T24, en avril, n’a pas permis une analyse individuelle complète des créances: la banque a appliqué une méthode statistique à l’ensemble du portefeuille, avec une couverture supplémentaire de 78,5 MDT (provisions et agios réservés). Les dotations nettes sur créances atteignent 68,6 MDT, contre 32,7 MDT un an plus tôt, et le résultat net ressort à −27,6 MDT (+2,6 MDT au S1 2025). Les commissaires aux comptes ont conclu leur examen limité sans réserve, en soulignant qu’une analyse individuelle pourrait conduire à un montant différent.
Prochaine contrainte: retrouver une croissance rentable, sur un portefeuille dont la couverture sera réestimée ligne à ligne.
Attijari Bank
le financement existe, l’enjeu c’est son emploi
Les dépôts d’Attijari Bank dépassent ses crédits de plus de 70 %. La banque dispose donc d’une capacité importante d’allocation du bilan.
Le résultat brut d’exploitation progresse, mais le crédit recule sur 6 mois et le coût du risque augmente de 66,2 %. Ce semestre est celui du placement des ressources, pas celui de la conquête commerciale.
Prochaine contrainte: placer les ressources sur des emplois assez rentables, sans consommer trop rapidement la marge de capital.
BH Bank
un produit qui progresse et un résultat absorbé par le risque
Les dépôts de BH Bank progressent de 1,8 % sur 6 mois quand les crédits évoluent peu: le ratio analytique crédits/dépôts passe de 102,9 % fin 2025 à 101,4 %. Le refinancement auprès de la Banque Centrale s’accroît nettement (1 154 MDT au 30 juin, contre 785 MDT fin 2025).
Les états financiers confirment un produit net bancaire de 345,7 MDT, en progression de 8,7 % à périmètre comparable (la banque a retraité son premier semestre 2025, soit un PNB comparable de 318,1 MDT, en reclassant notamment les récupérations sur créances radiées du PNB vers le coût du risque). Les charges d’intérêts reculent de 8,4 %, les commissions avancent de 2,3 %, le coefficient d’exploitation est de 47,2 %: l’exploitation courante tient sa ligne.
Le semestre se joue ailleurs. Les dotations nettes sur créances atteignent 146,7 MDT, contre 79,8 MDT au S1 2025 retraité, et absorbent l’essentiel du résultat d’exploitation. Le résultat net ressort à 15,2 MDT (0,320 DT par action), contre 54,4 MDT un an plus tôt. Les commissaires aux comptes ont conclu leur examen limité avec 4 réserves, qui portent sur le système d’information, le traitement du projet de migration (37 MDT reclassés en charges à répartir), la justification de certains soldes et la base des garanties retenue pour les provisions; elles sont complétées par des paragraphes d’observation.
BIAT
le rendement est la question qui se pose à beaucoup de ressources
BIAT conserve la plus importante base de dépôts du panel et un ratio crédits/dépôts proche de 57 %.
Le PNB progresse peu, mais le résultat net avance de plus de 10 %, notamment grâce à la forte baisse du coût du risque.
La banque ne manque donc ni de ressources ni de capital.
Prochaine contrainte: employer une partie de cette capacité de bilan avec davantage de rendement, sans dégrader le risque.
BNA
le capital est fort mais le risque reste le filtre
La collecte de la BNA progresse sensiblement sur 6 mois et sa solvabilité dépasse largement les minima réglementaires.
Mais les engagements classés représentent encore plus d’un cinquième des engagements selon les données disponibles.
Ce capital élevé donne d’abord une capacité d’absorption et d’assainissement du bilan. Ce n’est pas une invitation à prêter plus vite.
Banque de Tunisie
forte performance, mais le financement devient plus exigeant
Le PNB et le résultat de Banque de Tunisie progressent à deux chiffres. L’efficacité opérationnelle reste élevée et le risque bien couvert.
La différence avec Amen Bank se situe davantage dans les ressources: les crédits sont désormais très proches des dépôts, la collecte ayant reculé de 2,2 % sur le semestre quand les crédits restaient stables.
Prochaine contrainte: financer la croissance future sans dégrader le coût des ressources ni les marges.
STB Bank
le bilan repart avant le résultat
Les ressources et les crédits de STB Bank montrent une reprise sur 6 mois, tandis que la solvabilité reste confortable.
Mais le PNB recule de plus de 10 %, l’efficacité en pâtit, et il en va de même pour le résultat, qui ressort à 9,1 MDT.
Le semestre ne remet donc pas en cause la capacité de bilan; il montre que cette capacité ne produit pas encore assez de revenu ni de résultat.
Les prochains semestres diront si la tarification, la sélection des crédits et la composition de l’activité permettent de remettre le revenu en ligne avec cette capacité.
UBCI
croissance à deux chiffres et une conversion encore insuffisante
UBCI présente l’une des dynamiques commerciales les plus soutenues du panel: les crédits progressent de 14,7 % et les dépôts de 9,2 % sur 6 mois, le PNB de 10,9 % sur un an.
Mais cette croissance utilise davantage les ressources, le coefficient d’exploitation reste élevé et le coût du risque progresse. Dans le même temps, le taux de créances classées reste contenu et quasi stable sur 6 mois.
Le sujet n’est donc pas de ralentir mécaniquement le crédit, mais de choisir une croissance dont le rendement couvre correctement le risque, les coûts et le capital mobilisé.
UIB
améliorer davantage plutôt que de grossir
Les volumes d’UIB évoluent peu, tandis que le PNB, le résultat et le coût du risque s’améliorent progressivement.
La structure de financement reste intermédiaire.
Le profil n’appelle ni forte accélération ni correction importante du bilan.
Prochaine contrainte: continuer à gagner en productivité, en qualité des ressources et en choix des crédits.
Ce que le S1 2026
dit du secteur.
La comparaison ne désigne pas une banque gagnante. Elle montre des contraintes différentes.
Les banques disposant des ressources les plus abondantes ne sont pas nécessairement celles qui font croître le plus rapidement leurs crédits. Les banques les mieux capitalisées ne sont pas nécessairement celles qui portent le moins de risque. Et une croissance rapide du PNB ne garantit pas une meilleure transformation en résultat.
3 arbitrages dominent le semestre.
Le premier est celui entre croissance et risque. Prêter plus n’a de valeur que si le gain supplémentaire couvre durablement le coût du risque.
Le deuxième est celui entre capital et ressources. Le capital permet d’absorber les risques; il ne remplace pas les dépôts et les ressources qui financent les crédits.
Le troisième est celui entre volume et rendement. Pour les banques disposant déjà de ressources abondantes, la question n’est plus seulement combien elles peuvent prêter, mais à quel rendement, une fois le risque pris en compte, elles peuvent employer leur bilan.
C’est pourquoi une lecture uniquement fondée sur la croissance du PNB ou du résultat donne une image incomplète du S1 2026.
Le vrai sujet n’est pas de savoir quelle banque affiche le meilleur semestre. Il est d’identifier, pour chacune, la prochaine contrainte qui peut freiner la création de valeur: risque, capital, ressources, efficacité ou capacité à déployer le bilan avec suffisamment de rendement.
La solvabilité d’ATB et d’UIB illustre aussi une discipline de méthode: faute de ratio récent documenté, les cases restent visibles comme manquantes. Elles ne sont ni devinées ni remplacées par une estimation.
Conventions
- Encours
- Nets de la clientèle au 30 juin 2026, tels que publiés; chiffres les plus comparables retenus, sans valeur réglementaire.
- Crédits / dépôts
- Crédits nets à la clientèle rapportés aux dépôts de la clientèle; ratio analytique, calculé sur les états financiers publiés.
- Variations
- PNB, intérêts perçus, charges d’intérêts, commissions, frais généraux, résultat brut d’exploitation, coût du risque et résultat net du S1 2026 contre le S1 2025, tels que publiés (BH Bank et UIB: S1 2025 retraité par la banque).
- n.s.
- Variation non significative, quand le résultat change de signe.
- Coût du risque / PNB
- Dotations sur créances, hors bilan et passif, rapportées au PNB.
- Coefficient d’exploitation
- Frais généraux (personnel, charges générales d’exploitation, amortissements) rapportés au PNB.
- Engagements classés et couverture
- Taux publiés par chaque banque dans ses états financiers (UBCI: calculés sur les montants publiés); un même taux varie selon la source et la définition.
- Solvabilité
- Dernier ratio publié au CMF (états financiers ou rapport annuel), repris à sa précision et daté; n.d. sinon.
- Arrondis
- Ratios calculés à une décimale; taux publiés repris à leur précision.
Valeurs de comparaison
Les valeurs marquées d’un astérisque (*) dans la note, avec leur point de départ et leur niveau un an plus tôt, telles que publiées par chaque banque.
- Amen Bank, taux d’engagements classés
- 8,70 % au 30 juin 2026, contre 8,37 % au 31 décembre 2025 et 9,96 % au 30 juin 2025 (états financiers intermédiaires d’Amen Bank au 30 juin 2026, déposés au CMF, page 20).
- Amen Bank, couverture des engagements classés
- 72,21 % au 30 juin 2026, contre 69,14 % au 31 décembre 2025 et 75,18 % au 30 juin 2025 (états financiers intermédiaires d’Amen Bank au 30 juin 2026, déposés au CMF, page 20).
- Banque de Tunisie, taux des créances non performantes
- 6,49 % au 30 juin 2026, contre 6,28 % au 31 décembre 2025 et 7,26 % au 30 juin 2025 (états financiers intermédiaires de Banque de Tunisie au 30 juin 2026, déposés au CMF, page 38).
Pour citer cette note
Prime Partners Holdings, «Banques tunisiennes cotées: S1 2026», série Tunis Listed, publiée le 11 septembre 2026, mise à jour le 2 octobre 2026. Ligne d’attribution pour une reprise: Analyse publiée par Prime Partners Holdings. Note complète: https://primepartners.tn/fr/banques-tunisiennes-cotees-s1-2026/
Méthode
Avertissement
Cette note expose une lecture de comptes publiés. Elle ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation d’achat ou de vente.
Lien avec le groupe: au 2 octobre 2026, des sociétés du groupe Prime Partners Holdings détiennent des actions de certaines des banques étudiées, en portefeuille, sans siège au conseil. Ces positions peuvent changer à tout moment.
Sources
Liens
Données
L’éditeur
Prime Partners Holdings
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